3 raisons pour… battre le pavé à la recherche de la fabuleuse Nebuleuz

Tout a commencé par un signe, apparu à point nommé. Devant moi, un cœur complété par deux mots : Se battre. Dès lors, je n’ai plus cessé de les chercher et de prendre un plaisir fou à les découvrir en arpentant le bitume. Je ne savais rien de cette artiste mais je n’ai pas pu m’empêcher de la contacter. Et j’ai eu raison. Car si Nebuleuz a assurément du cœur, elle affiche un sacré courage et parle sans détours, avec une grande intelligence. Ensemble, nous avons échangé sur son travail artistique et prolifique, politique et poétique.

RAISON 1 : ses représentations de femmes fortes peu ou mal vues

« Pourquoi des femmes ? Parce que j’en suis une et qu’on parle bien de qui on est. Je souhaite offrir un regard à celles qui ne sont pas ou mal vues. » Au delà du féminin, l’artiste explore les questions de classe sociale et d’origine ethnique : « Je peins et je dépeins des femmes fortes : pour moi c’est un pléonasme, ne serait-ce que de par mes origines tunisiennes. Là bas, les femmes y ont un rôle social important. » Politique et engagé, son travail ne manque pourtant pas d’humour. Un essentiel pour Nebuleuz, qu’elle met au service d’un message fort : « La femme voilée fait partie de l’espace public, je ne vois pas pourquoi on l’exclurait pour ses vêtements. » Tout est dit.

RAISON 2 : son exploration des techniques et un penchant naturel pour l’expérimentation

Justement, pourquoi la jeune femme a-t-elle choisi le pseudo Nebuleuz ? « C’est plutôt Nebuleuz qui m’a choisie ! Depuis enfant j’ai toujours été attirée par l’infiniment grand et l’infiniment petit. Aucun mot ne me définit aussi bien que la pensée en étoile. Je déteste n’avoir qu’un seul objet, je m’ennuie très vite. J’ai donc besoin d’avoir des approches et des médiums différents. Je pense que les messages peuvent être portés différemment en fonction des supports utilisés. » Avec ses collages, ses broderies et ses jeux de mots, Nebuleuz confesse une boulimie de street crafting. Et assume une certaine sérendipité au service de sa créativité : « Une idée, puis une autre, puis les deux ensemble. »

RAISON 3 : des cœurs universels puisqu’ils parlent à tous

Celle qui croit en tout sauf aux signes en sème pourtant régulièrement dans la vie des citadins curieux avec sa série de cœurs remarquables et remarqués. Là encore, l’artiste s’est emparée d’un généreux hasard : « Je ne sais pas bien comment tout a commencé, mais je me suis amusée avec ce motif et les mots se battre, s’ébattre, s’en battre. » Et là c’est le carton plein.  » J’ai commencé à recevoir plein de messages. On me disait : « J’ai vu ton cœur, je passais une sale journée, ça m’a fait du bien. » Ou encore « Je cherchais un signe et j’en ai vu un. » Tout cela a empli mon cœur de joie ! »

Alors, conquis ? Foncez sur son Instagram pour en découvrir encore plus ! Je vous conseille notamment la story à la une nommée « Malika », consacrée à la photographie colonialiste. Passionnant et engagé. Tout comme cette artiste !

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