Trois, c’est le nombre de jours restants pour découvrir « Le Cri de liberté, Chagall politique » à la Piscine de Roubaix. Et c’est aussi le nombre des raisons que je vais vous exposer tout de suite. Exil et migration, guerre et paix, humanisme et engagement sont au centre de ce nouveau regard porté sur l’artiste qui n’a eu de cesse de prendre position, entre son enfance russe et sa mort, le 28 mars 1985 à Saint-Paul-de-Vence.
Pour sa vision politique teintée d’intimité
La Russie natale de Chagall ne cesse de figurer dans son œuvre. De l’évocation de son enfance à Vitebsk à la figure du juif errant, de la question de la judéité à l’aveu d’une profonde inquiétude, la vision politique du peintre passe invariablement par des sujets intimes. Son œuvre suit d’ailleurs la réalité historique en évoquant antisémitisme, exil et solitude. Mais ce qui est également révélé dans l’exposition, c’est que Chagall a délibérément bravé les interdits, la représentation humaine étant impossible dans la culture juive. Cette posture disruptive fait de lui un peintre engagé et surtout libre.







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Pour le cirque, omniprésent dans son œuvre
Que serait le cirque sans Chagall ? À moins que ce ne soit le contraire… Sa fascination pour le cirque remonte à son enfance, lorsqu’il assistait aux représentations des troupes itinérantes dans son village. Si acrobates, écuyères, jongleurs et autres violonistes semblent évoluer dans une atmosphère réjouissante, la vision de l’artiste semble quelque peu plus profonde… et sombre. Car le peintre associe le cirque au tragique de l’existence. À noter que dans Commedia dell’arte, la toile magistrale qui introduit le parcours de l’exposition, il interpelle les visiteurs par le biais de la figure du coq, double animal de Chagall.




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Pour ses merveilleux travaux d’illustration
Si je connaissais les illustrations de Chagall pour le célèbre éditeur d’art Tériade (visibles notamment au musée Matisse du Cateau-Cambrésis), l’exposition montre qu’il a collaboré avec nombre d’auteurs. Pour les 100 fables de La Fontaine d’Ambroise Vollard, il s’est immergé dans la culture française pour appréhender son essence. Des eaux fortes pour le récit de Malraux au Journal d’Anne Frank, chacune des commandes qu’il a honorées s’est accompagnée d’un travail préparatoire de longue haleine que l’on perçoit aisément. Et qui révèle sa soif d’absolu, de paix et d’humanité.





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Vous l’aurez compris, ce sont les tous derniers jours pour découvrir cette exposition, présentée jusqu’au dimanche 7 janvier. Un conseil : dépêchez-vous ! Pour acheter vos billets, cliquez sur ce lien. Merci encore à La Piscine de Roubaix (et spécialement Louise Boduain et Vanessa Ravenaux) pour l’invitation, l’accueil et les échanges fructueux.