« Où sont les femmes ? » : en répondant à cette question, le Palais des Beaux-Arts de Lille s’engage et offre aux femmes artistes la place qu’elles méritent. Car hormis quelques grands noms, parmi lesquels Camille Claudel ou Sonia Delaunay, leur travail est souvent resté méconnu, voire carrément passé à la trappe. Construite comme une enquête, cette exposition soulève des questions majeures : comment devient-on artiste ? les femmes ont-elles longtemps été cantonnées à la peinture de bouquets ? comment se faire un nom ? Envie d’en savoir plus ? C’est parti pour la visite !
Parce que l’exposition répare une injustice monumentale
Les chiffres évoqués lors de la visite sont effarants. Car un inventaire mené par les équipes du musée indique que sur les 60 000 œuvres conservées dans les réserves du Palais des Beaux-Arts, seulement 135 ont été réalisées par des femmes. Soit 80 artistes au total. Une information nuance cependant ce constat alarmant : jusque la Renaissance, on ne connaissait pas forcément le nom des artistes. D’autre part, certaines signaient avec des pseudonymes masculins afin de se faire connaître plus facilement… rendant les recherches plus compliquées. Et l’injustice plus ardue à réparer.






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Parce qu’elle mêle grands noms et artistes plus confidentielles
L’exposition commence (très) fort avec un tableau monumental de Sonia Delaunay. Plus loin, un buste de Camille Claudel. Au fond de la salle, une jeune mariée hollandaise au regard appuyé, semble nous accueillir de pied ferme. Plus tard, nous croiserons la route de Mathilde Bonaparte, de Rosa Bonheur ou de Marie Laurencin. Leurs œuvres côtoient celles d’artistes moins connues, mais cependant pas moins intéressantes. En parallèle, un parcours dans les collections permanentes évoque le regard porté par les artistes masculins sur les modèles féminins. Égalité et équité dans l’art sont ici au cœur du débat !





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Parce que le parcours est conçu comme une enquête
Astucieux, le parcours revient sur les étapes que traversent les artistes femmes. Pour commencer, la formation, premier obstacle à franchir puisque ce n’est qu’à partir du 19ème siècle que les femmes ont pu intégrer des ateliers. Difficile, dans ces conditions, de sortir de l’ombre… Autre entrave : la hiérarchie des genres, qui classe les sujets artistiques du plus noble, à savoir les scènes d’histoire, au moins prestigieux, comme la nature morte. Des codes établis qui ont été peu à peu détournés pour être pulvérisés avec les avant-gardes du siècle dernier. Dernière épreuve : la visibilité. Comment se faire un nom dans un écosystème dominé par des société d’artistes masculins ? Là encore, avec esprit, talent et sororité, les femmes sont parvenues à imposer leur génie.





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Bravo au Palais des Beaux-Arts de Lille pour cette exposition qui fait bouger les lignes et rend hommage aux talents féminins avec subtilité et intelligence. Puisque rien n’est jamais acquis, « Où sont les femmes ? » montre plus que jamais que l’art sert à se questionner… et à apporter des réponses. À ce sujet, certaines des œuvres mises en lumière à cette occasion enrichiront la collection permanente à l’issue de cette exposition que vous pouvez savourer jusqu’au 11 mars. Toutes les infos pour préparer votre visite se trouvent sur le site du musée, que je remercie chaleureusement pour cette visite !