3 raisons pour… découvrir Abby, le nouveau musée d’arts plastiques de Courtrai

Croquer dans une œuvre d’art délicieuse, faire une pause au cœur d’une installation artistique, croiser la route de chiens romains et d’un cornet de frites en bois, savourer un mix d’architecture ancienne et contemporaine… c’est l’expérience plurielle que vous vivrez en prenant votre ticket pour Abby, le tout nouveau musée de Courtrai dédié aux arts plastiques installé dans l’abbaye de Groeninghe. Mes propos vous semblent confus ? Venez, je vous emmène dans un musée pas comme les autres et hautement addictif.

Au sous-sol, une exposition joyeuse et foisonnante

Avec F**klore. Reinventing Tradition, le musée Abby affiche son ambition : réunir savoir-faire, coutumes et traditions sous un regard contemporain. Dans les deux salles du sous-sol, les œuvres se succèdent et charment, voire provoquent le rire. Car c’est avec amour et ironie que les artistes d’aujourd’hui se sont servis du folklore pour en proposer leur version. C’est par exemple le cas de D.D. Trans qui a détourné des pinces à linge pour leur attribuer un sens nouveau, à savoir des frites dans un cornet. Wim Delvoye, l’artiste belge qu’on ne présente plus, s’est quant à lui emparé des illustres motifs de la porcelaine de Delft pour les apposer sur des lames de scies circulaires installées dans une vitrine ancienne : un véritable brouillage des repères dont lui seul a le secret… Autre œuvre qui a particulièrement attiré notre attention (et notre gourmandise), un spéculos géant d’Ignace Cami qu’on nous a gentiment invités à goûter. Renseignements pris, il s’agit d’une référence aux vestiges de deux chiens découverts sous les fondations du musée et datant de l’époque romaine. Telle une offrande, cette installation nous a permis de rendre hommage aux fidèles gardiens de l’abbaye.

Une chapelle audacieusement hypnotique

L’exposition se poursuit au rez-de-chaussée, dans l’ancienne chapelle où l’ambiance est pour le moins déroutante. Au fond du couloir, une sorte de ritournelle attise notre curiosité. En arrivant, nous voilà face à une série d’écrans sur lesquels deux femmes interprètent une sonate de Händel. Décalées, les projections aboutissent à une cacophonie de prime abord perturbante mais finalement amusante. Avec cette installation, Dennis Tyfus rend hommage à l’apprentissage de la flûte, une tradition séculaire en Flandre. En face, une procession immobile – conçue par Eleni Kamma – évoque des symboles forts tels que le fou ou le renard, mais aussi la coutume locale de l’offrande d’œufs aux Clarisses pour attirer la chance.

Ne rien faire et faire art

Après ce riche parcours et de très belles émotions ressenties, nous sommes invités à prendre place et nous détendre dans le Living de Rinus Van de Velde. C’est cet artiste belge qui a été choisi pour investir cet espace pour lequel il a conçu chacun des objets, plantes comprises ! Au fond, un auto-portrait monumental au fusain, comme une ode à la paresse, à la solitude et au repos. Sur le côté, des vitrines contenant sa sélection de pièces emblématiques de la collection du musée. En libre service, le (passionnant) journal Abby La ReCollection à parcourir et à emmener chez vous pour poursuivre l’expérience.

BONUS : Abby, c’est aussi un café niché dans une extension contemporaine du bâtiment originel, ouvert du mardi au dimanche de 10h à 22h. Un cadre majestueux et propice à la détente pour boire un verre sous une œuvre d’Élodie Antoine, une jeune artiste qui, via la broderie, rend elle aussi hommage au passé de l’abbaye.

Merci mille fois à l’équipe du musée Abby pour ce savoureux moment. L’exposition F**klore. Reinventing est présentée jusqu’au 14 septembre. Le living est installé jusqu’en septembre 2026. Pour préparer votre visite, réserver vos billets et vous inscrire à la newsletter tout se passe sur le site du musée.

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