Geneviève Claisse en 3 chapitres

C’est tout au sud du Nord, à savoir au Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, que je suis tombée en pâmoison devant ses tableaux. Invariablement attirée par les formes et les couleurs qui composent son univers pictural, j’ai pris l’habitude d’aller saluer ses œuvres à chacune de mes visites. Qui se cachait donc derrière cette pureté hypnotique ? Geneviève Claisse, une Nordiste devenue figure majeure de l’abstraction géométrique. Voici 3 raisons pour plonger à votre tour dans son monde vibrant, onirique et hautement addictif.

La géométrie en héritage

Son grand-oncle n’est nul autre qu’Auguste Herbin, l’un des grands maîtres de l’abstraction géométrique française, par ailleurs cofondateur du groupe Abstraction-Création. À 18 ans, elle découvre ses toiles dans une revue. Coup de foudre. Elle contacte alors l’artiste qui la prend sous son aile car il sent chez elle une rigueur et un instinct pour les formes. Elle entre dans son atelier, et surtout dans la lignée, sans jamais se cantonner aux limites de l’héritage familial. Dès 1958, elle se lance et expose. Et présente du Claisse, pas du Herbin. Une artiste est née.

Des toiles à la pureté chirurgicale

Ce qui impressionne chez Claisse, c’est que rien ne déborde. Pas une ligne de travers, pas une couleur hésitante. Tout est posé, placé avec une précision qui frôle l’obsession et la radicalité. Une forme, une couleur et rien d’autre. C’est chirurgical, mais jamais clinique. Au contraire : ça respire, ça envoie, ça s’aligne. Et le résultat est puissant, comme si elle parvenait à manipuler le regard pour lui réapprendre à voir simple, à voir juste.

Quand la rigueur devient sensuelle

La véritable force de Geneviève Claisse réside dans sa capacité à nous faire oublier que nous faisons face à des cercles et à des carrés. À force de rigueur, sa peinture devient fluide. Le regard glisse, les couleurs se frôlent, les formes se cherchent sans jamais se heurter. C’est net, oui. Mais ça ondule et ça suggère. Au final, il en résulte un trouble très doux. Voire une joie éclatante. Qui a dit que la géométrie ne pouvait pas être sensuelle ?

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