Les favoris de l’automne

On rempile avec la rubrique sur mes coups de cœur de l’automne. Pour cette édition, il sera question d’un magazine de mode à l’esprit pointu sans être prétentieux, puis d’un récit autobiographique et enfiévré sur une passion amoureuse déchue et, enfin, d’un concert hommage à la musique répétitive de Steve Reich.

Un magazine : L’Étiquette

J’ai toujours aimé les magazines, au point de vouloir en faire mon métier (c’est d’ailleurs chose faite). Enfant, je passais des heures devant Marie-Claire, Vogue et Elle, pour ne citer qu’eux. Le bruit du papier, les éditos mode, les reportages tout autour du globe… tout me passionnait. Si aujourd’hui je continue à soutenir la presse papier en l’achetant régulièrement, j’ai un (très) gros faible pour le magazine L’Étiquette, en version homme comme en version femme. Pourquoi ? Parce que c’est, selon moi, le plus inspirant en matière de mode. Avec des « vrais gens » lookés qui partagent leurs tips, des reportages éclairants et, à chaque page, l’esprit délicieusement affuté de Marc Beaugé, son créateur. Mention spéciale pour le supplément Japon sorti cet été, qui m’a fait craquer pour une paire d’Onitsuga Tiger Mexico 66.

Un livre : Le Ciel ouvert

Autre plume, autre univers, celui du talentueux Nicolas Mathieu dont je ne me lasse pas. Je me reconnais dans presque chacun de ses mots, notamment lorsqu’il revient sur son histoire personnelle. Histoire qui transparait dans chacun de ses ouvrages, de son roman Leurs enfants après eux (prix Concourt 2018) à Connemara, récemment adapté au cinéma. Mais c’est du magnifique Le Ciel ouvert que j’ai choisi de vous parler. Déjà pour sa forme, puisqu’il s’agit d’un recueil de textes courts que l’auteur avait publié sur Instagram. Sur le fond, c’est évidemment très beau, notamment les passages concernant une femme tant aimée, une passion qui brûle trop vite et les rêves qui ont parfois du mal à décoller. Ça pince, ça bouleverse et au final… ça sonne toujours juste.

Un musicien : Christophe Chassol

Je l’ai découvert il y a une dizaine d’années, à la faveur d’une nuit d’insomnie. Dans une chambre d’hôtel, face à un écran de télévision, j’ai été immédiatement happée par la performance live de Chassol qui interprétait son album Big Sun. Ce dompteur de sons enregistre le monde – une voix, une phrase, un claquement de porte – et harmonise les sons jusqu’à leur faire avouer leur beauté cachée. L’Ultrascore, comme il le nomme, est radical, ambitieux et d’une justesse absolue. Celui qui se revendique comme un héritier de Steve Reich lui a d’ailleurs rendu un merveilleux hommage avec sa dernière tournée en compagnie de l’Ensemble Miroirs Étendus. Un concert que j’ai eu la chance de voir. Depuis, la musique répétitive ne me quitte plus.

Laisser un commentaire