Si vous pensiez connaître Klimt, attendez de découvrir son univers au cœur de la Sécession viennoise. Entre dorures étincelantes, motifs audacieux et formes organiques, le mouvement avait à cœur de dépasser les conventions artistiques et de révolutionner la manière dont les gens percevaient et intégraient l’art (peinture, architecture, design et arts appliqués) dans leur quotidien. Un vaste et beau programme qui a bousculé son époque et qui est aujourd’hui révélé au musée Ateneum d’Helsinki.
Plus encore que Klimt, la Sécession viennoise
Si, de la Sécession viennoise, Gustav Klimt se révèle être le plus célébré (sans doute grâce aux innombrables reproductions de son baiser sur des affiches, des agendas scolaires et des foulards vendus par la RMN dans les boutiques des musées), il existe d’autres grands noms, certains plus ou moins confidentiels, tous extrêmement visionnaires. Cette exposition a le mérite de les révéler : Schiele et Munch bien entendu, mais aussi le peintre décorateur Koloman Moser, l’architecte Josef Hoffmann ou Akseli Gallen-Kallela et ses paysages surréels. Élément notable : créé en 1897, le mouvement a ouvert ses portes aux femmes, permettant à des artistes de s’affirmer dans un monde jusqu’alors réservé aux hommes.






L’audace incarnée dans chaque artefact
Vous l’aurez saisi, pour la Sécession viennoise, chaque objet – du mobilier aux lampes, des bijoux aux vitraux – devient œuvre d’art, transformant le quotidien en un univers esthétique total. L’autre atout de cette exposition, c’est de pouvoir y découvrir quantité de pièces oniriques, ostentatoires, et surtout en totale rupture avec le conservatisme de rigueur à l’époque. Poésie et luxe se révèlent derrière chacun des vases, robes et autres ex-libris.






Un incontestable hymne à la joie
Le climax de l’exposition reste, à mon sens, cet instant magique où ont retenti les premières notes de la Neuvième symphonie de Beethoven et plus particulièrement l’Ode à la joie. Connaissant peu ou prou l’essentiel de son œuvre, je savais que j’allais être confrontée à l’apothéose de son travail, à savoir l’extase, la joie et l’harmonie universelle. Sourire aux lèvres, je me suis laissée porter par la musique… jusqu’à arriver dans la salle où est reconstituée, grandeur nature, la fresque – sorte de tableau symphonie – que l’artiste a conçue en 1902 pour une exposition dédiée à Beethoven au Palais de la Sécession à Vienne. Il me tarde de me rendre dans la métropole danubienne pour découvrir la version originale…





L’exposition GALLEN-KALLELA, KLIMT & VIENNE est présentée jusqu’au 1er février. Un énorme merci à Reeta Haarajoki qui a rendu cette expérience possible !