Frondeur et tempétueux, voire iconoclaste, le sculpteur René Iché est célébré à sa juste valeur dans l’exposition qui retrace son parcours à La Piscine. Au cœur de l’œuvre de cet artiste engagé : combat, corps-à-corps et résistance. Avec l’exposition « L’art en lutte », à découvrir jusqu’au 3 septembre, le musée roubaisien offre ainsi à l’artiste autodidacte et sensible la place qu’il mérite. Le saviez-vous ? Le musée est accessible gratuitement chaque vendredi de 18h à 20h : vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas en profiter.
RAISON 1 : pour la lutte, qu’elle soit figurée ou évoquée
Dès la première salle de l’exposition, nous ne pouvons qu’être happés par les corps en lutte. La tension est omniprésente, les muscles sont contractés, le combat figure de façon permanente. Une force incroyable et une résistance inébranlable se dégagent des sculptures de René Iché. Son œuvre, érudite, contient cependant plusieurs niveaux de lecture. Car l’artiste a lutté pour être sculpteur. S’est battu dans les tranchées. A combattu les injustices sociales. Est entré en résistance. Puis dans la résistance. À la fin de sa vie, il a affronté la maladie. La lutte, sans cesse. Et la vie comme œuvre.






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RAISON 2 : pour le masque… notamment celui de l’inconnue de la Seine
En visitant l’exposition, je ne m’attendais pas à tomber nez à nez avec André Breton et Paul Éluard. Les masques mortuaires des deux artistes interpellent. Et invitent à s’approcher d’eux, pour se retrouver face à un buste de l’inconnue de la Seine. Cette mystérieuse icône fascine les artistes et les foules (moi la première) depuis les années 1900. Proche des surréalistes, René Iché ne pouvait que s’intéresser à cette mystérieuse jeune femme souriante, présumée noyée dans la Seine. Saisi par la beauté de la jeune femme, un employé de la morgue aurait fait un moulage en plâtre de son visage, qui sera ensuite reproduit à des milliers d’exemplaires, devenant même un ornement à la mode. En s’emparant de ce sujet, Iché montre une autre facette de son talent, mêlant poésie, douceur et inconscient.






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RAISON 3 : pour son interprétation époustouflante de Guernica
Quand on pense à la tragédie de Guernica, comment ne pas songer au tableau de Picasso ? Mais ce massacre a marqué nombre d’artistes, comme en témoignent les toiles qui entourent et mettent en perspective la figure en plâtre de René Iché. Terrifiante et envoutante, cette sculpture témoigne d’une émotion immédiate puisqu’elle aurait été modelée par le sculpteur dès le 27 avril 1937, c’est à dire lors de l’annonce radiophonique du bombardement. C’est Hélène, sa plus jeune fille âgée de 6 ans, qui lui a servi de modèle. Il en résulte une fillette « mi-chair, mi-squelette au regard fixe et impitoyable ». Et une sculpture à couper le souffle.







L’exposition « René Iché (1897-1954) L’art en lutte » est présentée à La Piscine jusqu’au 3 septembre. Je remercie l’équipe (plus particulièrement Louise Boduain) pour la découverte de cet artiste à la production bouleversante.
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