La triste nouvelle est tombée vendredi : l’artiste inclassable Yayoi Kusama est décédée à l’âge de 97 ans. Reine des pois, icône du pop art et des installations infinies, elle laisse derrière elle une œuvre grandiloquente dont Lille abrite un précieux échantillon. Sur l’esplanade François-Mitterrand, entre la gare Lille Europe et le centre commercial, son bouquet de tulipes multicolores continue de veiller sur la ville. L’occasion, plus que jamais, d’aller lui rendre un dernier hommage.
Un pois, c’est tout !
C’est à l’âge de 10 ans que la jeune Yayoi vit une épiphanie artistique. Son obsession du pois est en effet apparue suite à des hallucinations répétées. Elle rejoint les États-Unis à l’âge de 30 ans, où elle fréquente rapidement la scène underground psychédélique. De retour au Japon et après la perte de son grand amour, elle entre de plein gré dans une clinique psychiatrique encourageant la pratique artistique. À mi-chemin entre folie et lucidité, l’artiste médium n’a jamais quitté la scène internationale et ses œuvres sont connues et exposées dans le monde entier.


L’œuvre d’une légende vivante de l’art contemporain
Le saviez-vous ? L’œuvre intitulée Les Tulipes de Shangri-La a été commandée dans le cadre de Lille 2004, Capitale européenne de la culture. C’était alors la toute première œuvre pérenne de l’artiste installée hors du Japon. Autant dire que la capitale des Flandres abrite une pièce à part dans le parcours de Yayoi Kusama, bien avant que ses citrouilles ne deviennent des sensations Instagram dans le monde entier.

Un symbole chargé de sens
Derrière l’explosion de couleurs se cache un message : ce bouquet imaginaire, inspiré du monde utopique de Shangri-La (un paradis terrestre au cœur de l’Himalaya né de la plume de de l’écrivain britannique James Hilton), incarne un rêve pacifiste planté au cœur de la cité. Plus de 20 ans après son installation, l’œuvre est devenue l’un des emblèmes visuels de Lille, autant que le beffroi ou la Grand-Place. La preuve, s’il en fallait une, qu’un peu de fantaisie contemporaine peut s’ancrer durablement dans le patrimoine d’une ville.
En plus, pas besoin de billet : la sculpture se trouve à l’air libre, sur le parvis de la gare Lille Europe, visible dès la sortie du train. Que vous soyez de passage entre 2 correspondances ou en balade dans le quartier, c’est l’occasion d’une pause insolite et gratuite, dans un décor qui change des sculptures classiques du centre historique.

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Merci à Marc pour le reportage photo express !