3 raisons pour… chercher l’or du temps au LAM

Cette histoire commence, comme bien souvent, lors d’une balade. Il y a quelques jours, mon regard a été littéralement happé par un œil géant sur une affiche. Un œil qui semblait m’appeler avec insistance. Surréalisme, art naturel, art brut, art magique, c’est la promesse de « Chercher l’or du temps », la nouvelle exposition du LAM, le musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq. Vite vite vite, j’ai profité d’un dimanche gris et pluvieux pour vivre la plus belle des aventures…

Raison 1 : pour une immersion exaltante parmi les productions d’artistes majeurs

Autant vous l’annoncer tout de suite, il y a du beau monde dans les collections du LAM. Quelle chance, quel privilège, quel bonheur de parcourir les salles en étant entourée par des créations aussi prestigieuses. Dubuffet et ses courbes aux cernes profonds, l’incontournable Dalí et ses délires paranoïaques, ou encore le théoricien du surréalisme André Breton. Mention spéciale à sa correspondance elle aussi exposée sous vitrine, mais aussi aux cadavres exquis dessinés auxquels il a pris part en compagnie de Jacques Prévert, Camille Goemans et Yves Tanguy (du beau monde, je vous avais prévenus).

La liste est si longue que je vais m’abstenir de faire un inventaire à la Prévert (à défaut d’un cadavre exquis).

Raison 2 : pour les œuvres hypnotiques des artistes médiums que j’affectionne

Passionnée d’ésotérisme en général et de médiumnité en particulier, il me tardait de découvrir les œuvres d’Élise Müller (alias Hélène Smith), mais aussi des Nordistes Fleury Joseph Crépin et Augustin Lesage. Il faut dire que leur travail se révèle fascinant. Magique. Hors du commun. Tous les trois guidés par des voix, ils se mirent à peindre avec prouesse et dextérité. En état de transe, ces artistes ont créé des scènes égyptiennes aux lignes géométriques parfaites (Augustin Lesage), des tableaux pointillistes de plus en plus monumentaux (Fleury Joseph Crépin) et même ce portrait de femme peint en dormant à l’aide de son auriculaire (Élise Müller). Je vous promets qu’il émane des ses œuvres une énergie peu commune…

Quant aux yeux qui m’ont inévitablement attirée au LAM, il s’agit d’un dessin à l’encre et au crayon d’August Natterer intitulé « Mes yeux au moment des apparitions ». Saisissant et hypnotique à la fois.

Raison 3 : pour la malice, omniprésente, parfois même aux confins de la psychose

Chef du service psychiatrique de l’asile de Rodez (où fut accueilli Antonin Artaud), Gaston Ferdière est connu pour avoir été un proche du mouvement surréaliste. J’ai été interloquée par cette série de poupées de chiffon exposées sous vitrine, comme un hommage au processus créatif imaginé par ses patients atteints de ce qu’on appelait alors « folie ». Art brut dans toute sa splendeur, voire même art primitif, ces productions saisissent.

Dans la salle suivante, les sculptures d’Auguste Forestier séduisaient les visiteurs de tous les âges. Faites de bois, de bric et de broc, elles sont le témoin des nouvelles méthodes de soins psychiques développés dans les hôpitaux psychiatriques, prémices de la psychothérapie moderne. Pour l’anecdote, Auguste Forestier a été définitivement interné en 1914 après avoir fait dérailler un train ! Drôle de destin pour le précurseur de l’art brut découvert par Paul Éluard…

L’aventure s’achève ici. Si cet article vous a donné envie de vivre à votre tour ce périple, ne tardez pas : l’exposition ferme ses portes le dimanche 29 janvier.

Mille mercis à l’équipe du LAM pour votre invitation mais aussi pour votre accueil et votre gentillesse. Ce dimanche restera gravé à jamais dans ma mémoire.

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