Portraits de femmes artistes : 3 raisons pour s’inspirer d’elles (3)

Elles possédaient ce (grand) supplément d’âme qui les reliait au ciel et s’en sont allègrement servi pour dévoiler leur créativité. Si les trois femmes dont je vais vous parler n’ont pas eu la chance de marquer leur époque, elles sont aujourd’hui sur le devant de la scène. À la fois artistes médiums, créatrices spirites et voyantes mystiques, Hilma af Klint, Anna Cassel et Élise Müller connaissent désormais une reconnaissance posthume bien méritée.

Hilma af Klint, visionnaire spirite

C’est sans doute la plus connue d’entre elles. Très tôt, et avec une énergie farouche, Hilma af Klint s’est libérée des conventions artistiques des beaux-arts de Stockholm où elle étudiait. Adepte du spiritisme pour communiquer avec sa défunte sœur, elle s’est emparée de cette pratique mystique pour créer. Entre novembre 1906 et octobre 1908, habitée par les esprits supérieurs qui s’expriment à travers elle en guidant sa main sur la toile, Hilma va concevoir 111 œuvres : des compositions de formes biomorphiques abstraites appelées Peintures pour le Temple. Ce vocabulaire de triangles, de carrés, de cercles et de spirales rappellent évidemment de langage de l’Abstraction, dont la création sera attribuée à Kandinsky en 1910… soit 4 ans après elle.

Anna Cassel, mécène ésotérique

Membre éminent du mouvement De Fem, Le Groupe des cinq, en compagnie d’Hilma af Klint et de 3 amies artistes, Anna Cassel a produit quant à elle une œuvre ésotérique stupéfiante. Alter ego d’Hilma af Klint qu’elle a soutenue financièrement tout au long de sa vie, elle a travaillé en étroite harmonie avec sa grande amie pour la création du grand projet de temple. Croix rayonnantes, comètes à tête humaine, poissons fantastiques, symboles occultes et pluies de feu sont autant d’éléments peuplant son œuvre à la modernité indéniable.

Élise Müller, la transe au service de l’art

Je l’ai découverte il y a deux ans lors de l’exposition « Chercher l’or du temps » au LAM. Élise Müller, plus connue sous le pseudonyme d’Hélène Smith, a longtemps pratiqué spiritisme et écriture automatique pour les mettre au service de son œuvre. Visions détaillées de lieux lointains et vies antérieures peuplent ses toiles qu’elle réalise en état de transe. Un mysticisme qui a éveillé l’intérêt du docteur Théodore Flournoy qui lui a d’ailleurs consacré un ouvrage en 1900, Des Indes à la planète Mars. Elle a également ouvert la voie aux surréalistes, parmi lesquels André Breton qui a reconnu son rôle de « médium de l’inconscient ».

(Re)découvrez mon article sur l’exposition « Chercher l’or du temps » présentée au LAM de Villeneuve d’Ascq d’octobre 2022 à janvier 2023 : https://3raisonspour.com/2023/01/14/3-raisons-pour-chercher-lor-du-temps-au-lam/

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