10 conseils pour réussir son carnet de voyage

Carreaux, lignes ou dots ? Moleskine ou Hobonichi ? Feutres ou aquarelle ? Avant même de partir, le choix du carnet de voyage apporte son lot de questions existentielles. Entre la sélection du matériel, la discipline du soir et le plaisir de coller n’importe quoi (oui, même une paire de lunettes), voici tout ce que j’ai appris sur l’art — et la discipline — de tenir un carnet de voyage.

Je vous livre donc aujourd’hui mes 10 conseils glanés en 25 ans de croquis plus ou moins réussis, de tickets froissés et collés et de fous rires immortalisés : testés, éprouvés, approuvés et absolument pas parfaits. Comme un bon carnet en somme !

1. Bien choisir son précieux

Avant de partir à l’aventure, encore faut-il sélectionner le bon compagnon de voyage : le précieux carnet qui accueillera croquis, tickets de métro et anecdotes. Et sur ce point, chacun a sa chapelle.

  • Le Moleskine reste la valeur sûre : couverture souple ou rigide, élastique de fermeture et soufflet pour y glisser ses trésors du jour. Robuste et increvable, il a fait ses preuves sur les routes du monde entier.
  • Le Leuchtturm1917 séduit les perfectionnistes : pages numérotées, sommaire intégré, papier légèrement plus épais qui pardonne mieux l’aquarelle et les feutres.
  • Le Traveler’s Notebook mise sur la modularité : on y insère plusieurs carnets fins, on ajoute des pochettes, on personnalise à l’infini.
  • Le Hobonichi, et son papier soyeux et lisse, résiste bien à l’encre et à l’aquarelle.

Les carreaux rassurent pour structurer du texte et aligner des petits dessins ou plans improvisés. Les lignes conviennent à celles et ceux qui privilégient l’écriture pure, façon journal de bord classique. Les dots (pointillés) ont la cote ces dernières années : assez discrets pour ne pas polluer les dessins ou aquarelles, assez présents pour garder une structure, soit le compromis parfait pour un carnet mêlant textes, collages et illustrations.

Mon tip : Avec 25 ans de carnets de voyage à mon actif, mon choix se porte le plus souvent sur des carnets noirs (toutes marques confondues) de format A5 (13 x 21 cm) aux pages pointillées.

2. Sélectionner son matériel

Stylo plume, simple Bic 4 couleurs ou Pilot V-Ball… là encore, c’est vous qui voyez. Le vrai secret ? Testez plusieurs stylos avant de partir, histoire d’éviter la mauvaise surprise d’une encre qui bave sur votre papier fétiche à mille kilomètres de chez vous.

Pour le reste, un bon tube de colle, un ou deux rouleaux de scotch et/ou de masking tape, une paire de ciseaux (à faire voyager en soute) et quelques feutres ou crayons de couleur. Si le cœur vous en dit, emmenez une mini palette d’aquarelle et un pinceau. Autre solution nomade : les feutres ou crayons aquarellables.

Mon tip : Je n’emporte que le strict nécessaire qui rentre dans une boite à lunettes MUJI. Ainsi, sur place, je me creuse les méninges pour dessiner, illustrer et coller tout ce que je récupère.

3. Penser aux photos

Certains aiment glisser une photo Polaroid ou une mini-tirage directement sur la page du jour pour une immersion immédiate et un rendu spontané. D’autres laissent un peu de place sur leurs pages en prévision du retour, quand leurs photos seront imprimées. À chacun son budget, à chacun sa solution.

Mon tip : J’ai toujours dans mon sac à dos une mini imprimante thermique chargée de papier autocollant. J’use et j’abuse de ces petits formats que je colle au quotidien dans mon carnet et sur lesquels j’ajoute parfois de la couleur et systématiquement une légende absurde ou une anecdote.

4. Faire preuve d’assiduité

Un bon carnet, c’est avant tout une discipline. Mais si vous y prenez goût autant que moi, ce rendez-vous deviendra vite un rituel. D’ailleurs, tous mes compagnons de voyage se sont pris au jeu, s’exclamant régulièrement « Il faut le mettre dans le carnet ! ».

Un signe qui ne trompe pas : quand le carnet devient plus attendu que le programme du lendemain, c’est qu’on a trouvé le bon compagnon de voyage. Celui en papier, mais aussi celui à côté de vous.

Mon tip : Le carnet avant l’oreiller, toujours. Même fatiguée, même après un dîner qui a duré 3 heures de trop, je consigne au moins le minimum. Ces quelques minutes d’écriture voient souvent naitre les meilleures punchlines du voyage.

5. Créer un bingo du voyage

C’est une nouvelle habitude adoptée il y a quelques années. Après avoir consulté les guides et m’être fait une rapide idée de la destination, je commence mon carnet avec un bingo : dans un tableau tracé à la hâte, je note toutes mes targets incontournables du voyage.

Cela peut aller de prendre un bateau à visiter un musée, en passant par goûter une spécialité locale, découvrir une nouvelle saveur, danser, avoir un fou rire, apprendre quelques mots de la langue du pays, voir un coucher de soleil ou chiner un trésor.

Mon tip : Ne vous mettez pas la pression et adaptez le programme avec ce que vous aimez faire. Lorsque vous cocherez les cases vous aurez vraiment la délicieuse sensation de savourer plus encore le séjour.

6. Dessiner c’est gagner

Quel que soit votre niveau en dessin, lancez-vous ! Commencez par des petites choses simples : un cadre autour d’un ticket de métro collé, une tasse de café croquée en trois traits, la silhouette d’un monument griffonnée sans prétention. Personne ne vous demande de rivaliser avec les carnets d’artistes qu’on voit fleurir sur les réseaux sociaux. L’essentiel, c’est de capturer un instant, pas de produire un chef-d’œuvre.

Mes premiers croquis étaient loin d’être réussis, et c’est très bien comme ça : le carnet de voyage n’est pas un concours de talent, c’est un exercice d’observation et de mémoire. Le trait s’améliore avec la pratique, mais le plaisir, lui, est immédiat dès la première page.

Mon tip : Entrainez-vous avant de partir, suivez une leçon sur Youtube par exemple. Je dessine toute l’année pour m’exercer : les expressions de mes collègues pendant les réunions de travail, une plante posée dans la salle d’attente d’un médecin. Si au début cela peut sembler impressionnant, l’exercice devient rapidement distrayant.

7. Ne pas hésiter à se salir les mains

Je l’avoue, je l’assume, je ramasse tout un tas de trucs par terre, sur les rebords de fenêtres et même sur les poteaux. Dans les rayons de l’épicerie ou sur les étals des marchés, je décolle les étiquettes des fruits. J’embarque les tickets, les cartes, les petits sachets de sucre ou de sel que je consigne religieusement. Dans les journaux gratuits, je découpe les horoscopes, les pages météo et les petites annonces de marabouts. Des choses anodines pour les autres, mais de véritables trésors qui rendent compte de la réalité d’une destination.

Mon tip : Au fil des ans, j’ai pris l’habitude de parfumer un petit testeur au Duty free pour le coller ou m’en servir de marque-page et laisser un sillage délicat à chaque fois que je reviens dans mon carnet.

8. Garder les emballages

J’en ai collé des choses improbables dans mes carnets. Mention spéciale à la paire de lunettes cassée, aplatie et sauvagement scotchée (dans une guinguette du sud de la France), mais aussi à l’affiche arrachée sous la pluie à Helsinki, à la capsule de bière bue à Varsovie, aux feuilles d’érable récoltées à Montréal, ou aux emballages huileux de falafels à Tel Aviv…

Dernièrement, ce qui me plait c’est de découper et de coller les logos mignons des paquets de pop corn, les étiquettes des bouteilles de kombucha ou même les sachets des supermarchés.

Mon tip : Rien n’est trop banal pour finir scotché entre 2 pages. Même un simple sous-bock de bar ou un post-it griffonné par un inconnu peuvent devenir, des mois plus tard, le déclencheur d’un souvenir entier. À croire que le carnet a ceci de magique de transformer l’anecdote en machine à remonter le temps.

9. Le prêter à ses compagnons de voyage

Croyez-moi sur parole : les commentaires des autres viennent enrichir le contenu. Une blague, une anecdote, un souvenir ressenti par d’autres yeux viendra apporter un regard différent sur une même journée, et même parfois révéler un détail que vous aviez complètement zappé de votre côté.

Mon tip : Laissez une page (ou un coin de page) volontairement vide pour que vos compagnons de route puissent y glisser un mot, un dessin ou une private joke. Ce sont souvent ces quelques lignes écrites par une autre main qui, des années plus tard, font sourire le plus en feuilletant le carnet.

10. Le conclure une fois le voyage fini

Lors du trajet retour, j’aime faire des listes (sans blague ?) des choses qui m’ont marquée, de ce que j’ai préféré, de mon meilleur souvenir, du meilleur repas ou de la meilleure blague. Parfois j’y ajoute les paroles d’une chanson écoutée ou chantée en boucle.

En défaisant mes bagages, je rassemble les papiers et les tickets que j’avais gardés en vrac dans une poche ou au fond d’un sac. Avant de ranger ma valise, j’y colle les tickets de retour, la carte d’embarquement et surtout les étiquettes des bagages (magique : des autocollants offerts par les compagnies aériennes).

Mon tip : Je n’hésite pas à me poser quelques heures pour faire quelques recherches complémentaires sur les endroits visités et découverts pour donner du contexte et de la saveur à mon périple. Ce sont ces notes bien utiles qui me servent à alimenter ce blog depuis 2017 ! Alors, convaincus ?

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