Au détour d’une place, en haut d’un mur, au coin d’une rue… à Lille, il suffit parfois de quelques pas pour tomber nez à nez avec une œuvre. Pas de billet à acheter, pas de cartel à déchiffrer : l’art est là, offert à tous, comme une jolie surprise semée dans la ville.
Dans la capitale des Flandres, l’art s’affiche, s’accroche aux murs, s’invite dans l’espace public et se donne à voir avec générosité. Une ville où la culture se promène en liberté ne pouvait que séduire 3 raisons pour. Nous vous avons donc concocté un parcours sur mesure pour en profiter. Si vous avez envie d’un autre itinéraire de balade artistique, laissez-nous un commentaire, nous avons encore plein d’idées !
Une star du graffiti à la gare de Lille
Souvenez-vous, j’avais beaucoup apprécié l’après-midi passé en sa compagnie. Solaire, ancré et enthousiaste, JonOne est bien plus qu’un pionnier du graffiti : il en est aujourd’hui l’un des plus brillants représentants, multipliant les collaborations pour démocratiser cet art urbain encore et encore. Et c’est avec la générosité qui le caractérise qu’il a offert aux Lillois et aux visiteurs de passage Welcome to the station, que l’on peut découvrir place des Buisses. Peint sur des azulejos (ces céramiques typiques du Portugal), l’œuvre allie art et artisanat. Il en résulte un message de bonheur et d’espoir adressé aux Nordistes.

M. Chat veille sur les quais
À quelques mètres à peine de la fresque de JonOne, nous voici face à un dessin qui me plait particulièrement (probablement parce que je voue une véritable passion aux chats oranges), qui n’est autre qu’un gigantesque chat qui semble vouloir nous prendre dans ses bras. Implanté sur la façade du Tripostal, c’est la figure récurrente de l’artiste franco-suisse Thoma Vuille. Son chat facétieux et espiègle est en effet connu dans le monde entier.

J’en avais d’ailleurs immortalisé 2 autres à Bruxelles (dont un près d’une pièce de JonOne, décidément !).


Soudain, une inconnue vous offre des fleurs…
Entre les gares, l’opulent bouquet de Yayoi Kusama attire tous les regards. La disparition récente de l’artiste japonaise a remis la lumière sur cette œuvre installée dans le cadre de Lille 2004, Capitale européenne de la culture. Elle avait alors été invitée à réaliser sa première œuvre pérenne hors du Japon.

Romy sur le parvis de la gare
Aussi décrié que photographié, le buste installé sur le parvis de la gare fait débat. Et comme ici nous aimons les sujets clivants, nous ne pouvions qu’adorer Romy, cette délicate jeune et jaune fille qui semble veiller sur les Lillois, les visiteurs et les voyageurs qui passent par la gare de Lille Flandres depuis 2019. Son immobilité et sa sérénité tranchent étrangement avec l’agitation ambiante et ce paradoxe est, en soi, une véritable curiosité. Signée Xavier Veilhan, la « Joconde de Lille », comme on la surnomme, repose à même le sol, sans socle, comme pour mieux appartenir à tous.

Un minotaure géant… signé par un géant de l’art
Éloignons-nous du quartier de la gare pour nous diriger vers le 15 rue Saint Sauveur, pile à la sortie de la station de métro « Mairie de Lille ». Ici, la fresque monumentale Le Minotaure interpelle et épate les passants depuis 1976. Impossible de la manquer ! Réalisée par Édouard Pignon, elle se compose d’une femme portant un enfant endormi, menacée par un oiseau de proie qui les fixe du regard… Une curiosité commandée à l’artiste par la Ville de Lille et qui a superbement résisté aux altérations du temps.

Un César à portée de main
Il vous faudra ensuite prendre le métro pour vous retrouver face à une surprise de taille : une magnifique et impressionnante main de César, le célèbre sculpteur français connu pour le trophée de la cérémonie du cinéma français qui porte son nom. Point d’accumulation compressée ici, mais une main géante soutenant un pilier dans le hall de la station de métro Porte de Valenciennes… À voir de toute urgence.

Di Rosa à Saint-So
Notre tour s’achève aujourd’hui à la gare Saint-Sauveur avec une ultime fresque, cette fois-ci d’Hervé Di Rosa, le célèbre fondateur du MIAM (le Musée International des Arts Modestes à Sète). L’artiste a percé dans les années 1980 aux côtés de Robert Combas pour son engagement au sein de la Figuration Libre, un mouvement qui s’inspire de la BD et du pop art. Son esthétique, que l’on peut toutefois juger quelque peu rétro, séduit encore toutes les générations. Pour la fresque accueillie à Lille, Le Peuple René débarque à Saint-Sauveur, il a lui aussi travaillé sur des azulejos portugais et utilisé son personnage de cyclope (une figure mythologique beaucoup plus sympathique que celle de Christopher Nolan dans L’Odyssée).

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C’est depuis « Lille 2004, Capitale Européenne de la Culture », que la Ville de Lille s’est engagée dans un programme de commande d’œuvres d’art dans l’espace public, intitulé « Lille, Ville d’Art et d’Artistes ». Ce programme permet de développer une politique de commandes publiques d’envergure et de renforcer la présence de l’art contemporain dans l’ensemble des quartiers lillois.
Plus d’œuvres dans l’espace public par ici :