Si vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes potentiellement fatigué par le tourisme de masse, où le « voyage » consiste à se rendre à la hâte dans un maximum d’endroits indiqués dans les guides, voire (pire encore selon moi) faire le tour des endroits instagrammables.
Ici point d’épuisement touristique. On garde les mêmes villes mais on les envisage avec de nouvelles perspectives. Ma promesse : moins de course, plus de plaisir. Oui c’est possible. Car même des villes denses, bouillonnantes et effervescentes comme Berlin ou New York révèlent leurs secrets quand on ralentit.
Éviter l’épuisement touristique
et vivre la ville comme un habitant.
Courir d’un monument à l’autre empêche souvent de s’imprégner de l’atmosphère. Et quand voyager devient un luxe, vous admettrez que c’est quand même dommage de revenir éreinté tout en ayant l’impression d’avoir parcouru la destination à mille à l’heure et en apnée.
Voyager slow revient à vivre comme un habitant mais avec un supplément « émerveillement ». Se perdre dans les ruelles, feuilleter des ouvrages dans les librairies, prendre une pause le temps d’un café ou encore écumer les marchés aux puces et revenir avec des souvenirs dans la valise et plein la tête.
1. Prendre le train (et le temps)
Pour l’avoir pratiqué en septembre 2023 en Allemagne, le road trip version rails n’a que des avantages. En passant par la SNCB, notre itinéraire Lille – Cologne – Hambourg – Berlin – Lille ne nous a pas coûté grand chose compte-tenu du nombre de kilomètres parcourus. Prendre le train c’est se laisser porter, regarder les paysages changer peu à peu et avoir du temps pour lire, écrire, écouter quelques podcasts ou simplement rêver.

2. Alterner la marche et les transports en commun
Alterner la marche et les transports en commun, c’est le secret pour apprivoiser une ville sans s’épuiser. Quelques stations de métro avalées d’un trait, puis le plaisir de retrouver le trottoir, le nez au vent et les yeux ouverts. Une façon simple de passer du rythme effrénée d’une métropole à la douceur d’une flânerie improvisée.

3. Lever la tête
On dit souvent qu’on reconnait les touristes à leur tête levée. Et je pense qu’ils ont complètement raison : le diable se cache dans les détails… qui se situent bien souvent en hauteur. Comme ici à Utrecht, une ville qui n’a rien à envier à sa grande sœur Amsterdam.

4. Scruter l’architecture
Une façade sculptée, un balcon en fer forgé ou une porte monumentale racontent souvent bien plus que les guides touristiques. En prenant le temps de regarder les lignes, les matières et les détails, la ville devient un musée à ciel ouvert, et chaque rue réserve alors sa petite surprise. La preuve à SoFo, le quartier bobo de Stockholm. Allez donc faire un tour, vous m’en direz des nouvelles !

5. Déambuler dans les supermarchés
Je l’avoue bien volontiers : à l’étranger, j’adore me rendre dans les supermarchés. Déjà parce que les habitudes alimentaires en disent long sur un pays et ses habitants. Plus égoïstement, c’est aussi parce qu’avec mon régime alimentaire quelque peu restrictif, je suis constamment à la recherche de nouveaux produits sans lactose ou sans gluten introuvables en France. Certains pays sont également super fortiches dans les packagings, une autre de mes passions (je me soigne, vous savez). En Chine par exemple, impossible de passer à côté des identités graphiques dans les supermarchés et les fast foods. Et que dire d’Helsinki, où Moomin est omniprésent dans les rayons !

6. Prendre un verre et regarder les habitants
Pour sentir l’âme d’une ville, quoi de mieux qu’un bar historique où se réfugier le temps d’une bière ? Je me souviens notamment de l’un de nos passages à l’Hôtel du parc, dans le centre d’Ostende, où nous nous sommes réfugiés par une pluie battante. Face à nous, un couple en tenue de soirée commandait une soupe. N’est-ce pas un beau samedi soir ?

7. Chiner
Ici, chiner c’est sacré. Cela fait d’ailleurs une trentaine d’années que je compile avec ferveur mes meilleurs adresses plus ou moins secrètes. Pour ne vous en citer qu’une (pas du tout confidentielle), la place du Jeu de Balle, à Bruxelles, est l’un de mes spots favoris pour négocier des vieilleries (non je ne parle pas de Lady Di. On n’égratigne pas les icônes sur ce blog).

8. Sélectionner moins de lieux mais les savourer
C’est un conseil que j’ai lu sur le site du redoutable Kevin Kelly (vous ne le connaissez pas encore ? Quelle chance vous avez de pouvoir découvrir la sagesse de cet homme) : on profite mieux des choses quand on lève le pied et qu’on en fait moins. Exemple : pour une escale express dans une petite ville comme Margate, autant viser juste et sélectionner 2 ou 3 lieux pour en profiter pleinement. Redécouvrez mon passage au musée Turner en 1 clic.

9. Réserver un hôtel central
C’est beau une ville la nuit. En particulier si on parle de Rome. Avec un hôtel en plein centre, à 2 pas de la fontaine de Trévi et du non moins célèbre panthéon, les soirées ont tout le loisir de se poursuivre jusqu’au bout de la nuit. Redécouvrez mon périple romain ici, ici et ici.

10. Consigner son voyage dans un carnet
C’est ma grande spécialité, et pas seulement pour gagner ma vie. Même (et surtout) en voyage, écrire est une seconde nature. Ce sont d’ailleurs ces carnets qui furent le point de départ de la création de ce blog ! Je pratique ardemment le carnet d’anecdotes depuis un séjour sur l’île d’Oléron au début des années 2000. Au fil des années, ils ont évolué avec mes envies et les technologies : dessins, puis polaroids, puis photos tirées façon stickers à l’imprimante thermique. De mes souvenirs de voyages, ce sont certainement les plus précieux. Des archives qui défient le temps. Des prétextes à la rigolade. Et une sacrée collection d’étiquettes de fruits collectée à travers le monde, de déchets trouvés sur le sol scotchés sauvagement ou encore de boarding pass d’avion pour toutes les destinations ! Mon petit truc en plus : glisser entre les pages des cartons parfumés des eaux de toilettes vendues en Duty free. Histoire d’avoir tous les sens en éveil.
